Challenger Thinking

Dick Fosbury ou la posture de challenger

Il y a des histoires personnelles qui marquent l’Histoire. Celle de Dick Fosbury fait partie de celles-ci. Une American Story comme on les aime. Mais pas que. C’est surtout la démonstration magistrale qu’être un challenger c’est avant tout un état d’esprit.

Il y a des histoires personnelles qui marquent l’Histoire. Celle de Dick Fosbury fait partie de celles-ci. Une American Story comme on les aime. Mais pas que. C’est surtout la démonstration magistrale qu’être un challenger c’est avant tout un état d’esprit.

 

 

Dick Fosbury, c’est un type qui mérite d’être connu. De son vrai nom Richard Douglas Fosbury, cet athlète américain a totalement et définitivement révolutionné le saut en hauteur. Sa technique éponyme, le Fosbury flop, lui a permis de décrocher rien de moins qu’un titre olympique et un record du monde. Pourtant rien ne prédestinait ce fortiche des maths à devenir un des athlètes les plus connus de l’histoire du sport.

 

 

Cela peut nous paraître incroyable aujourd’hui, mais jusqu’à ce que Dick entre en scène, le saut en hauteur reposait sur les techniques du « rouleau ventral » et du ciseau. Or, il s’avère impossible pour Dick, grande perche d’un mètre quatre-vingt treize, de les maîtriser. Il saute alors d’échec en échec. Terrible pour lui qui déteste perdre. Jeune et intrépide, il adopte alors une toute autre manière de faire, remettant en question les techniques habituelles et faisant fi des sérieux doutes exprimés par son entourage.

Saut_2
Saut_1

Comprenant que changer de sens lui permet d’obtenir un mouvement plus naturel, donc d’être plus à l’aise et plus performant, il met au point la technique du « ventral inversé », comprenez un « saut retourné sur le dos ». Lui qui plafonnait à une hauteur de saut de 1,80 mètres franchit alors les 2 mètres, le tout avec une marge impressionnante pour sauter encore plus haut. Sa technique est si novatrice qu’à chaque compétition les juges doivent se consulter pour vérifier que la technique de Dick est bien réglementaire.

 

 

 

Aidé de son entraîneur, il perfectionne sa technique grâce à ses connaissances en ingénierie, qu’il étudie à l’Université d’Etat de L’Oregon. Il remporte alors plusieurs compétitions universitaires et nationales avant d’être finalement sélectionné - de justesse - pour les Jeux Olympiques de Mexico de 1968.

Le 20 octobre 1968, c’est la consécration. Véritable challenger lors de la compétition, il surpasse et surprend les deux athlètes favoris de la discipline. Le public mexicain est conquis par la technique peu conforme de Dick, la foule clame des « Olé » à chaque saut. L’étudiant qui pratiquait le saut en hauteur à un niveau universitaire, à titre de loisir, devient champion olympique et fait tomber par la même occasion le record mondial avec un saut à 2,24 m.

 

 

Propulsé au devant de la scène, Dick prédit à l’issue de la compétition que d’autres athlètes adopteront sa technique. Il a vu juste puisque le Fosbury Flop est aujourd’hui la norme dans la discipline, supplantant les autres techniques.

 

MEXICO. Mexico city. Olympic games. High jump competition. The american athlete Dick FOSBURY invente the "Fosbury flop" and reach Valeri BRUMEL's record. 1968.

La morale de cette histoire ?

En remettant en cause les « on a toujours fait comme ça », en inventant ses propres règles, on va bien plus haut. La persévérance de Dick Fosbury à créer sa propre technique et à l’améliorer, sa détermination à faire d’une faiblesse - son incapacité à maîtriser les techniques traditionnelles - une opportunité, nous montrent à quelle point la posture de challenger qui pousse à penser et à agir autrement est une clé de succès pour nous tous, mais surtout pour les marques.